Bandeau

Travailler l'oral, accéder au sens, à partir d'un album

Vignette travailler l oral Mise en place d'un groupe de besoin.

Cet article présente une situation langagière autour d’un livre lu à toute la classe et proposé à un groupe de besoin. A partir d’un corpus transcrit, accompagné d’un enregistrement sonore, nous analysons ici un dispositif particulier et proposons de mettre en évidence les intentions pédagogiques du maître qui tente, à travers son questionnement, de développer chez l’élève sa théorie de l’esprit et de faciliter l’accès au sens. (par Dominique Cantillon et Rodolphe Clin, publié en octobre 2012)

Sommaire


Une triple pratique

Ce dispositif relève d’une triple pratique : langagière, pédagogique et didactique.
Langagière : le maître prend l’initiative d’une discussion à plusieurs et favorise les interactions entre pairs.
Pédagogique : pendant que le restant de la classe travaille aux tables, le maître regroupe devant lui quatre enfants (le nombre est important) assis sur un banc, près du tableau qui permet l’affichage des images du livre étudié.
Didactique : le maître met en place un groupe de besoin [1] qu’il dirige pour développer des compétences langagières précises chez ses élèves de grande section. Ici, le questionnement patient du maître se révèle opérant et son efficacité tient à la façon dont l’enseignant réitère une même question, fait des reprises et crée une circulation de la parole.
L’ensemble de ce dispositif constitue en soi un « genre », tel que le définit Yves Clot cité par Mireille Froment et Jocelyne Leber-Martin [2] , à savoir une série « d’activités attachées à une situation, des manières de prendre les choses et les personnes dans un milieu donné ».

▲ Haut de page

L'album

Le livre, lu à plusieurs reprises à l’ensemble de la classe et étudié sur quelques semaines, s’intitule Drôles de jumelles [3]. L’histoire se déroule en Afrique. Oscar a deux sœurs jumelles. Leurs parents ne veulent pas qu’elles aillent à l’école de peur qu’elles soient rejetées à cause de leur maladie. Elles sont albinos. Un jour, Oscar arrive à l’école et s’aperçoit qu’un nouvel élève est, seul, dans la classe.
Pour le groupe de besoin mis en place, le maître s’attarde sur un passage un peu difficile, qui met en scène plusieurs personnages. Il s’appuie sur une première illustration où l’on voit Oscar saluant et accueillant ce nouvel élève (Charly) qui est lui aussi albinos. La deuxième illustration montre Oscar qui souhaite présenter Charly aux autres enfants de l’école. Mais ces enfants s’enfuient effrayés.
Illustr droles de jumelles
Comme cela a déjà été souligné, l’histoire a fait l’objet plusieurs fois de séances de langage oral. Les élèves ont ainsi décrit les personnages. Ils ont notamment découvert la maladie de Charly. Le fait que les élèves aient pris connaissance de cette maladie est important, le travail du maître s’appuie en effet sur le développement de la théorie de l’esprit chez l’enfant d’âge préscolaire.
Il s’agit dans le cas présent de comprendre les réactions des personnages face à Charly en fonction de ce qu’ils savent de sa maladie. Le moment de l’histoire choisi pour cette séance répond à cet objectif. Le lecteur doit se rappeler qu’Oscar sait que Charly est albinos et il sait que cette maladie n’est pas contagieuse ou dangereuse pour lui. Le lecteur et Oscar ont la même connaissance du monde.
Les élèves de ce groupe de besoin ne doivent pas oublier que les autres enfants dans l’histoire ne connaissent pas cette maladie. Ce qui explique qu’ils ont peur de Charly. Dans le cadre de la théorie de l’esprit, l’enfant doit avoir atteint un niveau intellectuel supérieur pour pouvoir admettre que les autres peuvent avoir des connaissances du monde différentes, voire contradictoires et même ressortissant à de fausses croyances. Et c’est précisément une fausse croyance qui explique dans le passage abordé ici la réaction de peur et de rejet de certains personnages ; ce sont les autres enfants de l’école de Charly qui croient, à tort, qu’il est dangereux.

▲ Haut de page

Le groupe de besoin

Dans ce groupe de quatre élèves, deux d’entre eux (A. et S.) prennent régulièrement la parole en groupe classe. Toutefois, alors qu’A. reste dans le propos de l’échange en répétant ce qu’elle a entendu ou en décrivant strictement ce qu’elle voit sans entrer dans l’analyse, S. parle par association de mots entendus sans qu’il y ait toujours de lien avec le sujet abordé.
Les deux autres élèves (C. et L.) ne prennent la parole que lorsque l’adulte les sollicite et le plus souvent en petit groupe. C. a besoin de l’étayage de l’adulte pour organiser son propos qui montre une capacité de compréhension bien souvent pertinente. Quant à L. des difficultés articulatoires l’empêchent de développer son propos qui peut être tout aussi pertinent. Ils ont tous les quatre un point commun : lors des séances de langue orale sur la description des personnages, ils montraient une difficulté à expliquer les attitudes des différents personnages. Ces quatre élèves décrivaient les situations sans pouvoir les expliquer.
Pour ce groupe de besoin l’objectif était donc d’amener les élèves à produire des énoncés afin d’expliquer une histoire et d’accéder aux différents niveaux de compréhension tels que nous les avons décrits auparavant. Le questionnement du maître tend à faire émerger les différentes représentations qu’ont les personnages de la maladie de Charly, de les différencier des propres connaissances de ses élèves et donc de faire comprendre à ces derniers les réactions de chacun des personnages.[4] 

▲ Haut de page

L'étayage du maître

 Dans cet échange, l’étayage du maître tient principalement à son questionnement : une série de questions simples, très proches les unes des autres, sorte de variation sur un thème ("Qui a peur ?). Cette relance questionnante permet aux enfants d’échapper à la digression, Bruner aurait dit qu’elle maintient l’enrôlement. De cette façon, le maître apprend à ses élèves à conserver le thème de la conversation, ce qui n’empêche pas d’aborder d’autres sujets comme la maladie. Ces variations de thèmes rendent possible l’échange et apprennent aux enfants l’art de converser. 

M. Froment et J. Leber-Marin, Analyser et favoriser la parole des petits

« Nos jeunes enfants de maternelle ont un thème commun et ils apprennent à le garder tout en disant du nouveau. Au fur et à mesure que les échanges se déroulent, ils se familiarisent avec ce nouveau mode de dialogue. Comment prendre la parole, la conserver, être un interlocuteur écouté, interagir non seulement avec l’adulte mais avec les pairs. »

C’est parce que le maître joue pleinement son interaction de tutelle, à savoir maintenir le thème et permettre des changements de propos, qu’il rend possible l’échange langagier entre les enfants. Les enfants ne se parlent pas vraiment entre eux, ils parlent avec le maître (plus exactement ils lui répondent) mais chacune de leurs réponses prend en compte les énoncés des autres enfants. En maintenant le thème, le maître permet la jonction entre les différents discours des enfants.
Et en effet, on se rend compte que dans cette conversation, qui est un parcours thématique (pourquoi est-ce que les enfants ont peur ?), la thématisation s’opère de proche en proche. Par exemple, la réponse de A (parce que Charly n’a pas de peau), pour le moins erronée, permet celle de S (parce qu’il a des points partout, c’est une maladie), plus précise.

Analyse de l’étayage du maître (M) à partir de quelques extraits du corpus

 

Lancer la prise de parole

Le maître (1) : Qui a peur ?

les élèves : Un premier élève (L.) répond « Oscar », deux autres petites filles (C. et A.) répondent : « les autres enfants ». 
Le maître (2) à C. et à A. :

C. : Parce que Oscar il est tout noir, il(s ?) voit(ent ?) et après il(s ?) part. 
A. : Ils voient sa peau noire, c’est pour ça qu’ils partent. 
Le maître à L. : Pourquoi est-ce que tu dis que c’est Oscar qui a peur ? 
L. : Parce que, sinon, les autres font peur Oscar.
Le maître : Qui fait peur à Oscar ? 

L.: Les autres.

 M(1) : Le maître interroge chaque enfant sans donner de point de vue ou de réponse. Il s’agit de laisser émerger les représentations de chacun certes, mais aussi ce temps d’écoute institué par le maître au début de la conversation permet également aux enfants d’entrer dans l’activité et entraîne leur adhésion. Laisser parler les enfants sans les reprendre au départ favorise incontestablement leur prise de parole. 
M(2) : L’enseignant demande alors à chacun de justifier sa réponse. On s’aperçoit que la justification est erronée (puisque c’est la peau blanche de Charly qui effraie les autres enfants).

 

M(3) : Le maître invite ses élèves à regarder tous ensemble au même moment l’ illustration qui montre les comportements différents des personnages ; il les oblige tous à porter leur attention visuelle sur la partie de l’image porteuse de sens. 

M(4) : Le maître demande aux enfants de mimer les expressions des personnages pour mieux ensuite les décrire. Pour les enfants de ce groupe de besoin, il est donc nécessaire de passer par une expérience sensorielle (le mime) avant de produire une description.

Utiliser l’illustration

M(3) : Regardez les images. Regarde les images, L. Qui a peur quand tu regardes les illustrations ? Est-ce que ce sont les enfants qui ont peur ou Oscar ? 
L : Les autres enfants. 
M(4) : Les autres enfants. Comment tu le vois sur les illustrations ? Comment sont leurs visages ?
A : Comme ça ! 
M : Ca veut dire comment "comme ça" ! Fais-le moi, montre qu’ils ont peur, (A. mime la fuite des enfants). 
M : Ils sont comment leurs yeux lorsqu’ils ont peur ? 
C : Ronds … comme ça, ronds ! 
M : Ronds, très bien. Est-ce qu’ils sont un petit peu fermés ou grand ouverts ? 
C : Ils ont les yeux grand ouverts.

 

Illust 2 travailler oral

document sonore (cliquez sur le bandeau):

Travailler la théorie de l’esprit

Ce travail débute à partir de la sixième minute (voir corpus plus bas).

Après avoir posé les bases d’une bonne compréhension (qui a peur/qui n’a pas peur), le maître s’emploie à construire chez les enfants la théorie de l’esprit. Par le biais d’un questionnement « serré », le maître est dans un double mouvement dialogique. 
D’une part, il reprend systématiquement l’énoncé d’un élève ou une partie. En validant ainsi les propos des enfants, tout se passe comme si le maître s’appuyait sur chacun des énoncés pour construire du sens à plusieurs. Parce qu’il accorde une valeur à une première proposition, il permet aux enfants de poursuivre l’échange langagier qui n’est pas un échange élève/élève ou élève/maître. Il « prend » la parole d’un enfant pour la restituer au groupe dans lequel ce même enfant ou un autre va pouvoir se l’approprier et faire avancer le propos. 
D’autre part, le maître recentre l’élève sur la question du « pourquoi », voulant l’amener à comprendre et à expliquer le comportement de chacun des personnages selon la connaissance qu’il a de la maladie. L’objet de l’avant-dernière partie de cet échange (8:20 à 9:30) consiste à reprendre avec l’élève L ce questionnement pour l’aider à construire une théorie de l’esprit plus développée.

Minutage de la séance et Corpus

Temps

Descriptif

de 00:00 à 1:50 M : Qu’est-ce qui se passe lorsqu’Oscar arrive à l’école ? 
S : Parce que ils « ontaient » peur et Oscar ils ont fait peur à les autres. 
M : Qui avait peur ? 
S : Tous, tous ceux-là ils « onvaient » peur. 
M : C’est qui « tout ceux-là », de qui tu parles quand tu dis « tout ceux-là » ? 
S : Parce que i crient … parce que i onvaient peur. 
M : D’accord, vas-y. 
S : En fait, parce que i « zonvaient » à les gens parce que i criaient les gens. 
A : Il était dans la classe, quelqu’un lui a fait sortir. Quand ils voyaient le noir, ils ont eu peur, ils ont tous crié.
de 1:50 à 2:53 M : Qu’est-ce qui se passe lorsqu’Oscar arrive à l’école ? 
S : Parce que ils « ontaient » peur et Oscar ils ont fait peur à les autres. 
M : Qui avait peur ? 
S : Tous, tous ceux-là ils « onvaient » peur. 
M : C’est qui « tout ceux-là », de qui tu parles quand tu dis « tout ceux-là » ? 
S : Parce que i crient … parce que i onvaient peur. 
M : D’accord, vas-y. 
S : En fait, parce que i « zonvaient » à les gens parce que i criaient les gens. 
A : Il était dans la classe, quelqu’un lui a fait sortir. Quand ils voyaient le noir, ils ont eu peur, ils ont tous crié.
de 3:05 à 4:45 M : Qui a peur ? 
L : Oscar. 
M : Oscar a peur ? C., Qui a peur ? 
C : Les autres enfants. 
M : Alors qui a peur ? Oscar ou les autres enfants ? 
L : Oscar. 
M : Toi, tu penses que c’est Oscar. Qui a peur ? 
C : Les autres enfants, les trois enfants. 
M : Les autres enfants. Qui a peur ? 
S : Ben … en plus … même c’est les ? qui ont peur. 
M : Qui a peur ? 
A : C’est les autres enfants qui sont dehors … i zont peur. 
M : Pourquoi vous dites que ce sont les autres enfants qui ont peur ? 
C : Parce qu’ Oscar il est tout noir. Ils voient le noir et après ils partent. 
M : A., Pourquoi est-ce que tu dis que ce sont les autres enfants qui ont peur ?
A : Parce que … ils voient sa peau noir c’est pour ca qu’ils partent. 
M : Pourquoi est-ce que toi (à L.) tu dis que c’est Oscar qui a peur ? 
L : Parce que sinon les autres i font peur Oscar. 
M : Qui fait peur à Oscar ? 
L : Les autres. 
M : Ce sont les enfants qui font peur à Oscar ? 
A : Non ! 
M : Comment il s’appelle ce personnage ? 
L : Oscar. 
M : Comment s’appelle ce personnage ? On ne se le sait pas encore dans l’histoire. Quelqu’un se souvient de son prénom. 
C : Charly.
de 4:45 à 6:00 M : Regardez les images. Regarde les images, L. Qui a peur quand tu regardes les illustrations ? Est-ce que ce sont les enfants qui ont peur ou Oscar ? 
L : Les autres enfants. 
M : Les autres enfants. Comment tu le vois sur les illustrations ? Comment sont leurs visages ? 
A : Comme ça ! 
M : Ca veut dire comment "comme ça" ! Fais-le moi, montre qu’ils ont peur, (A. mime la fuite des enfants). 
M : Ils sont comment leurs yeux lorsqu’ils ont peur ? 
C : Ronds … comme ça, ronds ! 
M : Ronds, très bien. Est-ce qu’ils sont un petit peu fermés ou grand ouverts ? 
C : Ils ont les yeux grand ouverts. 
M : Vous m’avez dit : "Les enfants ont peur. Oscar n’a pas peur".
de 6:00 à 8:00 M : Pourquoi est-ce que les enfants ont peur de Charly ? 
A : Parce que sa peau … il n’a pas de peau. C’est pour ça qu’ils ont peur. 
M : Les enfants ont peur de Charly parce qu’il n’a pas de peau ? Attention ! Parce qu’il n’a pas de peau ? 
S : Parce qu’il a des points partout. 
M : C’est quoi ces petits points ? 
S : C’est une maladie. 
C : c’est des trous … c’est une maladie. 
M : Est-ce que les autres enfants savent qu’il a une maladie ? 
S et A : Non. 
M : Est-ce que les autres enfants savent qu’il a une maladie ? (Le maître demande à chaque enfant) 
S : Oui. 
C, L et A : Non. 
M : Comment ils le savent ? 
S : parce que ils savent … ses lunettes blanches … i « zontaient » avec ses lunettes blanches. 
M : Alors tu as raison. Ils ont eu peur à cause de ses lunettes, de sa peau et de ses boutons. Pourquoi, Assita, toi, tu penses que les autres enfants ne savent pas qu’il est malade ? 
A : parce que … en fait … ils voient ses lunettes … ils ne savent pas. 
M : Est-ce qu’ils connaissent sa maladie ? 
A : non 
M : Est-ce que les autres enfants connaissent la maladie de Charly ? 
S : Non. Les enfants ne connaissent pas la maladie de Charly. 
M : Effectivement, les autres enfants ne connaissent pas la maladie de Charly.
de 8:20 à 9:30 M : Qui connaît la maladie de Charly ? 
C : Comme il a une maladie … 
M : Ah ça ! On réexpliquera comment il a eu cette maladie. D’accord ? On va en reparler de cette maladie. Ma question, C., elle est : Qui, dans l’histoire, connaît la maladie de Charly ? 
L : Oscar. 
M : Oscar connaît sa maladie. Vous êtes d’accord ? Pourquoi Oscar n’a pas peur de sa maladie ? 
A : Parce qu’il connaît sa maladie. 
M : Excellent ! Pourquoi est-ce que Oscar n’a pas peur de Charly ? 
A : Parce que il n’a pas peur … parce que il connait sa maladie. 
M : Parce qu’il connaît sa maladie. Est-ce que les autres enfants connaissent sa maladie ? 
C : Non 
M : Pourquoi ils ont peur de Charly ? 
C : Parce qu’il a des petits boutons partout. 
M : Est-ce qu’ils connaissent la maladie ? 
A : Non.
M : Non, d’accord ! 
Tu as compris (à L) ? On essaie de reprendre. 
M : « Qui connaît la maladie de Charly ? » 
L : Oscar n’a pas peur. 
M : Oscar n’a pas peur. Tu as raison. Pourquoi il n’a pas peur ? 
L : Il a pas peur de lui donner la main. 
M : Oui, il n’a pas peur de lui donner la main. Tu as tout à fait raison. Et pourquoi est-ce qu’il n’a pas peur de Charly ? 
L : Pourquoi (parce que) il connaît. 
M : Il connaît quoi ? Qu’est-ce qu’il connaît ? 
L : Il connaît, il n’a pas peur. 
M : Alors, il n’a pas peur parce qu’il connaît sa maladie. 
S : En fait, les enfants … et les autres … ils ont regardé dans la fenêtre, et ils ont « vi » Oscar … sa maladie … ils « onvaient » peur ...il avait peur. 
M : Très bien, effectivement, ils ont regardé par la fenêtre et on voit bien qu’ils ont peur. C’est ca que tu voulais dire ? 
S : Oui. 
M : Absolument ! On voit bien qu’ils ont peur.
de 10:45 à 12:41 M : Dernière question. Alors attention, si on y répond c’est parfait. Comment Oscar connaît la maladie de Charly ? Pourquoi est-ce qu’il la connaît déjà cette maladie ? Comment il la connaît ? 
L : … il a des boutons. 
M : Mais comment il connaît cette maladie ? 
C : Quand il y a des boutons … on appelle ça une maladie. 
M : Il a une maladie. Comment il la connaît ? Comment ça se fait qu’Oscar arrive à l’école et il connaît déjà cette maladie ? 
S : Parce que … il a des lunettes. 
M : Là tu m’expliques la maladie. Je ne t’ai pas demandé comment on voit cette maladie. J’ai demandé : comment Oscar connaît cette maladie ? 
Inaudible 
M : Je vais la poser autrement, la question. Qui a cette maladie dans l’histoire ? 
S : Oscar. 
M : Oscar a cette maladie ? C., Oscar a cette maladie ? 
C : Non, c’est quelqu’un d’autre. 
M : Qui a cette maladie ? 
L : Les drôles petites jumelles. 
M : Les deux jumelles sont les sœurs de qui ? 
L : Oscar. 
M : Les sœurs d’Oscar. Alors C., comment Oscar connaît déjà cette maladie ? 
C : En plus, il ne l’a jamais vu. 
M : Oscar n’a jamais vu cette maladie ? Regarde. 
Le maître montre l’illustration où l’on voit Oscar et ses sœurs. 
M : Oscar n’a jamais vu cette maladie ? Il l’a vu avec qui ? Qui a cette maladie ?
L : Ses sœurs. 
M : Ses sœurs ont la même maladie. Est-ce qu’il connaissait déjà la maladie ? 
Les enfants : Oui. 
M : Alors ! Le travail que l’on vient de faire, on va le reprendre la semaine prochaine avec d’autres enfants. Et on essaiera de comprendre la suite de l’histoire.

▲ Haut de page

 

Notes

1. Nombre restreint d’élèves présentant les mêmes difficultés et nécessitant un étayage particulier de la part du maître.

2. Analyser et favoriser la parole des petits, Un atelier de langage à l’école maternelle, ESF, 2003.

3. Nitiwe, Félix et Alladayé, Hervé. 2000. Drôles de jumelles. Cotonou / Paris : Le Flamboyant / EDICEF.

4. Le maître pendant cette séance s’attache à travailler la compréhension du texte à partir des représentations que s’en font ses élèves. Il essaie en particulier de faire comprendre progressivement aux enfants les états mentaux des personnages de cette histoire. Nous voulons ici établir un lien avec l’article de Sylvie Cèbe en ligne sur le site de l’AGEEM, intitulé La compréhension de textes n’est pas un jeu d’enfants, novembre 2010 : http://www.ageem.fr/wcms/ftp//a/ageem.fr/uploads/cebe-2010.pdf

 

▲ Haut de page