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FIG 2016. "Un monde qui va plus vite"

FIG2016 (2) Consacré cette année au thème « Un monde qui va plus vite », la 27e édition du Festival International de Géographie s’est tenue comme d’habitude à St-Dié-des-Vosges du 30 septembre au 2 octobre 2016. Le pays invité était la Belgique. Par Samuel Coulon

Vitesse et compréhension du monde

La séance inaugurale du festival inscrite au Programme National de Formation a réuni pour leur dernière année les deux directeurs scientifiques du FIG (Béatrice Colignon et Philippe Pelletier) avec l’Inspection générale (Michel Hagnerelle, Catherine Biaggi,  Laurent Carroué), Gilles Pécout et Michel Foucher.

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Les intervenants ont présenté les nouveautés du Festival et, reprenant la thématique du FIG 2016, ont montré que la vitesse était au cœur de nos vies. Le rôle des géographes est de l'étudier et de s’interroger sur les différentes manières de la représenter.

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Michel Foucher a souligné l’importance de ne pas s’en tenir à une lecture d’un monde « accéléré », chaotique, illisible et incompréhensible. Il ne sert à rien de tout « géopolitiser ». Il suffit de faire de la géographie "classique" pour comprendre 85 % des problèmes du monde actuel. Ayant comme objet d'étude l'intéraction entre le politique et le terrritorial, les géographes sont là pour interpréter et donner du sens en dissociant ce qui relève de la réalité de ce qui relève des représentations. Michel Hagnerelle a, comme l’an passé, lancé un appel à dépasser une lecture du monde qui ne susciterait que du désespoir chez nos élèves et de faire de l’enseignement de la géographie un moyen de redonner de l’enthousiasme  et de provoquer l'envie de construire le monde de demain.

Lectures du monde d’aujourd’hui

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L’intervention de Michel Foucher a mis en exergue plusieurs « fondamentaux » de portée géopolitique.

Des populations en croissance et en circulation. 7 milliards d’habitants aujourd’hui et 10 milliards en 2050 ; l’Inde dépassera la Chine ; des migrations irrépressibles ; des flux de populations considérables ...

Un monde économiquement interdépendant et connecté. La globalisation est un phénomène social global lié à l’expansion du capitalisme à l’échelle mondiale et à la révolution néolibérale engagée à partir des années 1980. L’interdépendance du monde est le résultat de deux phénomènes majeurs :  la conteneurisation pour les marchandises (60 % des conteneurs transportent des pièces détachées) et la multiplaction du nombre de  câbles pour le transport des données (262 millions de km aujourd’hui).

Un nouveau monde d’émergents et leurs ambitions. Si la Chine s’est imposée comme puissance de 1er ordre sur la scène internationale en multipliant les points d’appuis maritimes et militaires (jusqu’à Djibouti ou Athènes) et en remettant en cause le fonctionnement économique et social du monde, elle reste néanmoins une puissance partielle centrée sur ses propres intérêts. Michel Foucher souligne que la notion de BRICS n’existe pas et n’a jamais véritablement existé. Elle résulte d’une vision financière du monde après la catastrophe du 11 septembre et ne correspond pas à une analyse géographique sérieuse. Les sommets des BRICS permettent surtout de faire des photos sans les occidentaux et de valoriser le rôle de la Russie. En effet, la Chine entretient de très mauvaises relations avec l’Inde, alors que le Brésil se marginalise ("Le Brésil est un pays d'avenir et il le restera". Général de Gaulle, 1964).

Un ordre international en question, des ordres introuvables. Le monde est aujourd’hui polycentrique et désorienté. « Le sheriff a rendu son étoile ». Les Etats-Unis n’ont plus de doctrine, de vision du monde et sont de plus en plus centrés sur la défense de leurs intérêts directs. Les démocraties occidentales sont aujourd’hui mal à l’aise dans un monde qui n’est ni polaire ni multipolaire (zéro polaire ?). Le recentrage des États sur leurs intérêts directs est une tendance lourde de la géopolitique mondiale.

Retour des frontières et persistance des méta-frontières. Dans une grand mouvement de réaffirmation des frontières (lié à la recherche de sécurité, au sentiment de trouble chez beaucoup d’habitants qui ne savent plus se situer), on assiste aujourd’hui à plusieurs phénomènes de grande ampleur : un  mouvement de territorialisation des océans, une augmentation du nombre de clôtures et la persistance des méta-frontières c'est-à-dire des grandes lignes de partages qui fragmentent l’espace mondial (Nord/Sud – Orient/Occident – Puissance établie/puissance émergente – Zone d’influence russe et son « étranger proche », etc.)

Géographie des crises et l’Europe. Le monde connaît actuellement 75 crises graves.  83%  d’entre-elles sont situées à quelques heures  d’avion depuis l’Europe (entre 3 et  5 heures). Alors que le monde se désoccidentalise, l’identité devient « le » projet collectif favorisant ainsi l’émergence de mouvements nationaux populistes dans les pays riches.  

Dans un monde où l’écran domine l’écrit, où des explications simples nourrissent le simplisme, Michel Foucher appelle les professeurs à réintroduire un peu de raison dans la lecture du monde actuel.

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