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Mutations-Créations / Imprimer le monde : Expositions au Centre Pompidou

mis à jour le 06/04/17

Les technologies numériques ont bouleversé la conception et la fabrication des objets, transformant la pratique des architectes, des designers, des artistes. Quel est le statut de l’auteur à l’ère de la production d’objets « non standards », à la fois uniques et produits industriellement ? Quel est le statut de cet objet « imprimé » en 3D, tout à la fois objet du quotidien, objet technologique, œuvre d’art, objet de design, prototype d’architecture ? Comment expliquer sa généralisation à l’ère du numérique à tous les domaines de production ? Qualifiée de « technologie disruptive », l’impression 3D se diffuse depuis une quinzaine d’années à une large échelle à travers les plates-formes de logiciels « open source » et se développe dans l’industrie, de l’aéronautique aux biotechnologies. 

Texte-Imprimer-le-monde-Une-exposition-collectiveLes origines de l’impression 3D remontent à la photosculpture (inventée par François Willème vers 1860) qui inaugure une captation photographique tridimensionnelle ainsi qu’aux cartes topographiques en relief de Joseph E. Blanther à la fin du 19e siècle. Dans les années 1960, l’avènement de l’informatique, des machines à commande numérique et de l’automatisation ouvre un nouvel espace numérique. « Hackers » et « makers », issus d’une culture communautaire aux États-Unis, lancent une économie collaborative où l’artisanat et les technologies numériques s’hybrident. Dans les années 1980, le premier objet par fabrication additive (stéréolithographie) est imprimé. Au tournant des années 2000, de nouveaux logiciels permettent des modélisations numériques 3D. Aujourd’hui, designers et architectes interviennent sur les langages de programmation comme sur les processus de production.

De l’objet de design au prototype architectural, de l’atelier de production aux projets innovants de laboratoire, cette exposition réunit une jeune génération d’artistes, designers et architectes qui s’est emparée de l’impression 3D comme outil critique d’expérimentation. À travers la sélection d’une trentaine de créateurs, Imprimer le monde éclaire les mutations des formes au sein d’une « matérialité digitale » où une nouvelle typologie d’objets a fait son apparition et dont l’impression 3D est le dénominateur commun. 
Les modes de représentation à l’ère du numérique sont au cœur de démarches réflexives sur le statut de l’image (Achraf Touloub, Jon Rafman). L’impression 3D a débouché sur la création d’un nouvel artefact où s’imbriquent savoir-faire artisanaux et technologies numériques. Le designer Joris Laarman réalisera bientôt à Amsterdam le premier pont en métal imprimé en 3D. Mathias Bengtsson a conçu la première table en fabrication additive de titane dont les formes complexes s’inspirent des processus évolutionnaires de la nature. Dirk Vander Kooij recourt à des fils de plastique recyclé pour la fabrication de ses objets de design. Les architectes se sont emparés de ces technologies pour développer de nouveaux process de construction qu’ils expérimentent à travers des prototypes ou des objets de mobilier. Du micro (imprimer des cellules vivantes) au macro (imprimer des architectures à l’échelle 1 :1), du visible à l’infra-visible, la fabrication additive questionne tant le statut de l’œuvre, que le monde de l’industrie et de la recherche scientifique. 

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