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Milieu de cycle 3

mis à jour le 15/09/17

Les programmes par cycles nous invitent à travailler dans la durée. Cette séquence expérimentée en classe par une professeure d'arts plastiques (Laura Guerra-Serres, collège Maurice Utrillo) a été finalisée avec un groupe de professeurs de l'académie de Paris. Ce groupe s'est attaché à présenter plusieurs objets et modalités d'évaluation.

Cette séquence porte sur la question "les fabrications et la relation entre l’objet et l’espace". Elle s'adresse à des élèves de milieu de cycle 3.

Questionnement : « Invention, la fabrication les détournements et la mise en scène d’un objet à des fins narratives »

Le coeur de la sorcière

La séquence est composée de huit séances dont certaines sont aussi support de langage oral et peuvent prendre, à ce titre, place sur les horaires de français. À partir de l’écoute du conte Baba Yaga, et d’un temps de description du personnage de la sorcière, les élèves sont invités à concevoir et réaliser, seuls ou en petits groupes, un objet en volume pour représenter le cœur de la sorcière. Avant, il leur est demandé de concevoir un projet (dessin, collage, texte, matières…). Ainsi ils abordent volume, forme, couleur, matière et texture, en travaillant en trois dimensions par assemblage, modelage, collage. Des verbalisations intermédiaires et finales permettent des constats, des justifications, argumentations et croisements avec des œuvres et démarches artistiques.

La première séance

En français, les élèves découvrent le personnage de Baba Yaga, à travers un des contes dans lesquels le personnage apparaît. Puis ils sont invités à se rassembler en petits groupes ou à travailler seuls pour concevoir un projet : la réalisation en volume du cœur de la sorcière Baba Yaga.

Les sept séances suivantes 

Les élèves mettent en œuvre leur projet, accompagnés par le professeur qui organise des mises en réflexion sur la conduite du projet, notamment par des verbalisations, des temps d’échange à l’oral, la comparaison de réalisations en cours, et la confrontation avec des oeuvres.

À travers des situations de création, d’analyse, d’explicitation, de mise en perspective avec le champ artistique, cette séquence participe à l’acquisition des quatre compétences travaillées du programme.

 

Cette séquence de 8 séances travaille tout autant les compétences plasticiennes (« Expérimenter, produire, créer », et « Mettre en œuvre un projet artistique »), les compétences théoriques (« S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs ; établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité »)et les compétences culturelles (« Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art »).

Séance 1 : lancement du projet en collectif

Le conte Baba Yaga a été découvert en français (lecture suivie, lecture magistrale, lecture offerte…). Une description du caractère négatif de la sorcière est faite à l’oral en collectif, les élèves sont aussi invités à imaginer son apparence globale. On leur expose le projet dans son ensemble. Les élèves devront, à la fin de la séquence, avoir produit en volume le cœur de la sorcière tel qu’ils l’imaginent. Mais avant de se lancer dans cette production, ils vont passer par des étapes qui leurs sont expliquées : imaginer la réalisation à partir du matériel proposé et manipulé ; exposer à l’oral ce projet au reste de la classe ; enfin réaliser leur création en volume. L’enseignant précise que celle-ci pourra s’éloigner du projet initial, que ce soit dû à une évolution des choix de l’élève ou à des résistances techniques, des découvertes, des effets fortuits. Cette première séance, courte, en oral collectif, se situe en amont de façon à leur donner la possibilité d’apporter des matériaux, des objets ou morceaux d’objets de rebut pour la deuxième séance.

 

Séance 2 : mise en projet

L’invention, la fabrication et mise en scène d’un objet à des fins narratives : le cœur de la sorcière

Il s’agit d’envisager le projet dans ses dimensions matérielles et formelles, mais aussi de sens :

- Phase 1 : décrire, comprendre des planches et dessins de projets d’artistes : Christo & Jeanne Claude, Matali Crasset, Dominique Perrault :

- dessins et planches du projet réalisé à New York, Central Park, The Thousand Gates, 1979, Crayon, fusain, pastel et tissu.

thousand gates christo TG chrsito

- dessins, papier et PAO, du Blobterre de Matali Crasset, Atelier des enfants du Centre Pompidou, 01 Oct - 05 Mar 2012

crassetcrasset 2

- dessins de recherche et de projet de la Bibliothèque Nationale de France, Dominique Perrault, Paris, 1990-1994

BNF 1 BNF 2 BNF 3

Le professeur fait identifier la fonction et le statut de ces planches ou dessins (projet, recherches), ainsi que les matériaux et techniques utilisés. La planche montrée de Christo & Jeanne-Claude comporte des échantillons de tissu, des mentions manuscrites, des photos, des dessins. Le professeur amène les élèves à repérer et indiquer le registre graphique employé : croquis, schéma, dessin plus illusionniste, et questionne les élèves sur les raisons de ce choix. Il les conduit à mettre en relation ces planches ou dessins avec leur usage (imaginer un projet, le communiquer, ou produire une œuvre).

- Phase 2 : Il est demandé aux élèves (seuls ou en binômes) d’imaginer le cœur de la sorcière en volume et formaliser leur projet. Pour cela ils vont choisir et rassembler les matériaux ou morceaux d’objets de rebut pour la fabrication de cet objet. Ils sont invités à observer et imaginer comment le réaliser. Ils peuvent le représenter graphiquement (crayons, feutres) sous forme de dessin, de schéma, mais aussi porter sur ce document des explications, y fixer des échantillons des matériaux, faire de petits croquis techniques, noter leurs choix pour la palette de couleurs, etc. Le professeur indique aux élèves qu’il sera ensuite affiché et servira de support à leur exposé oral en séance 3.

Séance 3 : Explicitation :

Confronter son projet à celui des autres, argumenter (NB ce travail est aussi un exercice de langage oral)

Les « planches » de projet sont affichées. En s’appuyant sur celles-ci, les élèves exposent leur projet au reste de la classe. Ils peuvent nommer les matériaux manipulés et expliquer leurs choix. Selon les différents types de projets et la forme donnée au cœur, simple ou détaillée, stylisée ou anatomique, ils sont en mesure de justifier leurs choix de formes, taille, couleur. Ils déterminent ce qui se réfère au conte entendu, et qui symbolise la cruauté du personnage qu’il représente. Le reste des élèves observe les planches, écoute les explications et pose des questions. Les questions techniques d’assemblage ou de volume ne sont pas éludées, l’enseignant donne des solutions expertes si besoin (par exemple structure en fil de fer, papier mâché, couture, etc).

Cette étape du travail contribue à évaluer la compétence « S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs ; établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité » (Cf : programmes d’Arts Plastiques Cycle 3 ; et Socle domaines 1,3)

Les éléments observables peuvent l’être en situation de verbalisation collective, mais aussi en cours de travail, dans les échanges entre pairs et en individuel avec le professeur. Celui-ci relève des indices (notes textuelles, photographies relatant l’évolution du travail, enregistrements audios..) lui permettant d’apprécier le niveau de compétence parmi les suivants :

 


Maîtrise insuffisante :

 

L’élève ne parvient pas à justifier ses choix, car ils ne sont pas délibérés.

Maîtrise fragile :

 

L’élève a fait des choix pertinents mais il ne parvient pas à les justifier.

 

Maîtrise satisfaisante :

L’élève est en mesure de justifier ses choix de matériaux, procédures ou techniques, en fonction de ce qu’il veut traduire de la sorcière.

Très bonne maîtrise :

 

L’élève justifie ses choix de matériaux, procédures ou techniques, en relation avec l’évolution de son projet artistique, et avec un lexique adapté.

Séance 4 - Mise en œuvre du projet artistique :

Passage de la représentation bidimensionnelle à la réalisation en volume/ 1ère phase : mise en projet

A partir de leurs recherches (croquis, indications textuelles, échantillons de matériaux, palette de couleurs…), les élèves sont invités à réaliser en volume le cœur de la sorcière. Les questions techniques de fabrication en volume ont été abordées plus tôt, et les élèves sont en mesure de déterminer quels matériaux et quels outils seront les plus efficaces dans cette fabrication en fonction de leur projet (assemblage, modelage, couture, papier mâché…). Il leur est laissé la possibilité de modifier ce choix par rapport au projet initial. La première phase de fabrication porte en priorité sur la question du volume : comment l’obtenir ? Quelle différence avec le relief ? Comment réaliser un objet à partir d’éléments hétérogènes (questions de l’assemblage, du poids, de la taille, éventuellement de l’équilibre) ? L’enseignant accompagne ces recherches, les constats, les décisions prises par les élèves.

Expérimentation des matériaux pour une fabrication en volume

Les élèves sélectionnent des matériaux et des outils pour réaliser le cœur de la sorcière en volume. Ces éléments sont disponibles dans la classe. L’enseignant accompagne les élèves dans la découverte et la maîtrise des outils et matériaux : coller, assembler, modeler, coudre, etc. Il apporte si besoin des solutions techniques, mais aide aussi les élèves à bien observer et interroger leurs expérimentations, à faire des choix en leur posant des questions relatives aux effets produits, à leur intention initiale.

Au terme de cette phase d’expérimentation et de découverte, les élèves sont en mesure de faire un choix efficace pour une réalisation en volume. Ils prennent ou non des distances avec leur projet initial, et planifient les étapes suivantes de la réalisation.

A ce titre, cette étape de travail peut contribuer à évaluer la compétence « Expérimenter, produire, créer », ainsi que « Mettre en œuvre un projet artistique ».

Coeur de sorcière en cours de réalisation

CdS in progress 1

CdS in progress 2

CdS in progress 4

CdS in progress 5

La séance travaille ces deux compétences « Expérimenter, produire, créer », et « Mettre en œuvre un projet artistique » mais il n’est pas opportun de les évaluer simultanément. Les deux tableaux suivants proposent d’évaluer l’une ou l’autre, le choix étant laissé à la décision du professeur.

Compétence : « Expérimenter, produire, créer »


Maîtrise insuffisante

Maîtrise fragile

Maîtrise satisfaisante

Très bonne maîtrise

L’élève a choisi au hasard les matériaux pour réaliser son travail en volume. Il n’a pas tenu compte du projet initial pour adapter ses choix. Il n’a pas su mettre à profit son expérimentation de ces matériaux pour faire évoluer son projet. Il ne se repère pas dans les étapes de travail à venir.

L’élève choisit ses matériaux en fonction de son projet initial, mais n’est pas en mesure de tirer profit de son expérimentation pour modifier ses choix quand ceux-ci ne sont pas efficaces. Il ne tire pas parti de ses outils et matériaux pour faire évoluer son projet. Il a des difficultés à entrevoir les étapes de travail à venir.

L’élève sélectionne précisément des outils et matériaux en fonction de son projet initial. Leur expérimentation lui permet de définir ses choix, de les modifier si nécessaire. Il est en capacité d’expliciter les différentes étapes de la réalisation menée.

L’élève a choisi des outils et matériaux adaptés à son projet, et il tire parti de son expérimentation pour faire évoluer son projet en fonction des caractéristiques plastiques de ces matériaux. Il se repère dans les étapes de travail, anticipe les difficultés éventuelles. Il sait justifier ses choix et argumenter au vu des débuts de production.

Compétence : « Mettre en œuvre un projet artistique »

Maîtrise insuffisante

Maîtrise fragile

Maîtrise satisfaisante

Très bonne maîtrise

L’élève a choisi au hasard les matériaux pour réaliser son travail en volume. Il n’a pas tenu compte du projet initial pour adapter ses choix. Il n’a pas su mettre à profit son expérimentation de ces matériaux pour faire évoluer son projet. Il ne se repère pas dans les étapes de travail à venir.

L’élève choisit ses matériaux en fonction de son projet initial, mais n’est pas en mesure de tirer profit de son expérimentation pour modifier ses choix quand ceux-ci ne sont pas efficaces. Il ne tire pas parti de ses outils et matériaux pour faire évoluer son projet. Il a des difficultés à entrevoir les étapes de travail à venir.

L’élève sélectionne précisément des outils et matériaux en fonction de son projet initial. Leur expérimentation lui permet de définir ses choix, de les modifier si nécessaire. Il est en capacité d’expliciter les différentes étapes de la réalisation menée.

L’élève a choisi des outils et matériaux adaptés à son projet, et il tire parti de son expérimentation pour faire évoluer son projet en fonction des caractéristiques plastiques de ces matériaux. Il se repère dans les étapes de travail, anticipe les difficultés éventuelles. Il sait justifier ses choix et argumenter au vu des débuts de production.

Séance 5 : verbalisation

Les élèves exposent leurs recherches et leurs débuts de réalisations. Ils explicitent leurs choix de matériaux pour la création en volume, tout en s’appuyant sur leurs intentions initiales : la fabrication est-elle proche des réalisations bidimensionnelles de la planche de projet ? En quoi s’en écarte-t-elle, et pour quelles raisons ? La découverte et l’expérimentation des matériaux en volume ont elles permises des modifications volontaires du projet ? L’enseignant questionne également sur les étapes à venir.

Maîtrise insuffisante

Maîtrise fragile

Maîtrise satisfaisante

Très bonne maîtrise

L’élève ne sait pas expliciter ses choix ni décrire ses premières expérimentations.

Il décrit ses expérimentations mais sans pour autant juger de leur pertinence pour le projet.

Il est en capacité d’expliciter les différentes étapes de la réalisation menée.

Il sait justifier ses choix et argumenter au vu des débuts de production.

 

Lors de ce temps de travail, les élèves ont appris à décrire et interroger les productions plastiques. Ils justifient leurs choix pour rendre compte du cheminement qui conduit de l’intention à la réalisation en cours.

 

Séance 6 : Mise en œuvre du projet artistique.

Passage de la représentation bidimensionnelle à la réalisation en volume/ 2ème phase : réalisation plastique jusqu’à son terme

Toujours en binômes, les élèves poursuivent leur travail en volume. Ils utilisent le matériel de leur choix, disponible dans la classe, et celui qu’ils ont pu apporter. Ils finalisent leur production en prenant en compte les différentes étapes du travail (assemblage, temps de séchage), et en répartissant le rôle de chacun dans le binôme. Le projet initial leur sert d’appui, mais peut être modifié, selon les expérimentations menées et les échanges verbaux avec la classe. Les expérimentations des autres élèves mises en commun dans la séance précédente peuvent également contribuer à faire évoluer le projet.

A cette étape du travail, les élèves continuent de déterminer les gestes et matériaux adaptés à leur projet et réalisent le cœur de la sorcière : les temps exploratoires ne sont pas évacués (effets du geste, recherches de couleurs en peinture), et peuvent être mis à profit pour faire évoluer le projet initial. Ces temps de découverte peuvent faire l’objet d’échanges en petits groupes : le professeur favorise ces moments de partage d’expérience entre élèves, en observant et en guidant les élèves dans ces rencontres (comment as-tu fait… ? Avec quel geste, quel outil… ? Quel effet... ?). L’enseignant accompagne ces échanges en interrogeant le binôme sur ses intentions et leurs modifications, en le focalisant sur les expérimentations sur lesquelles il peut s’appuyer, mais sans prendre de décisions à la place des élèves.

L’observation précise des binômes au travail, avec prise de notes pour chaque étape, permet de mesurer l’évolution des projets des élèves, leur capacité à mener la réalisation jusqu’à son terme, ainsi que leurs compétences à travailler en binôme.

A ce titre, cette étape de travail peut contribuer à évaluer la compétence « Mettre en œuvre un projet artistique »

A ce moment de la séquence, les éléments observables suivants pourraient être retenus :


Maîtrise insuffisante

Maîtrise fragile

Maîtrise satisfaisante

Très bonne maîtrise

L’élève n’a pas su mettre à profit les expérimentations précédemment menées, ni les éléments théoriques  apportés lors de la verbalisation. Il ne parvient pas à se repérer dans les différentes étapes du projet, et ne participe que peu  à sa conception.

L’élève réalise une production en binôme, mais sans être moteur dans sa conception. Il a des difficultés à gérer son temps de travail, il manque d’autonomie et d’esprit d’initiative.

L’élève prend part à la conception ainsi qu’à la réalisation du projet. Il s’organise dans les étapes du travail, mais peine à rebondir face aux difficultés.

L’élève sait concevoir et réaliser un projet en autonomie, et en le menant jusqu’à son terme. Il sait anticiper les difficultés éventuelles, et tirer parti de ses découvertes, de ses expérimentations, tout en communiquant avec efficacité dans son groupe.

Lors de cette séance, les élèves ont appris à identifier les compétences nécessaires à la réalisation d’un projet collectif, et à les mettre en œuvre pour mener une réalisation jusqu’à son terme.

 

Séance 7 : Verbalisation finale

Les élèves montrent leur production terminée, et confrontent leur intention de départ à la réalisation finale. Ils font part à l’oral de l’évolution de leur projet, et celle-ci est valorisée. Ce temps de verbalisation met en lumière les différentes étapes du travail de conception et de fabrication. Les élèves justifient leurs choix, argumentent leur utilisation des matériaux et des outils, présentent leurs intentions artistiques. Ils font également part de l’écart entre le projet initial et la réalisation finale : modifications, abandons, découvertes, revirements, ajouts. L’enseignant accompagne cette phase orale en soutenant les efforts des élèves quant à l’interprétation, l’argumentation.

Les productions en volume sont au centre de la discussion : on observe comment les choix et les utilisations des matériaux déterminent les effets produits. Les élèves apprécient l’aspect narratif du cœur de sorcière : schématique, anatomique ou autre, la forme renvoie à la fonction, ou s’en éloigne, soutenue par des intentions artistiques. Les créations, très variées, ouvrent la voie à l’interprétation : ici on questionne le point de vue de l’auteur, qui diffère parfois de celui du spectateur. Les réalisations font montre d’un imaginaire, collectif mais également parfois plus personnel, en conduisant l’intention artistique vers des univers différents : du monstrueux au comique, du narratif au symbolique, de la délicatesse au geste brutal, du visuel au tactile… voire à l’olfactif, avec l’utilisation de matériaux odorants (épices, liquides comestibles…). L’expression des émotions, des sensations ou sentiments ressentis à la vue des productions est recherchée et soutenue.

Cette verbalisation finale permet d’évaluer de façon formative, ou bien en termes de contribution à l’évaluation bilan de fin de cycle, la compétence « S’exprimer sur sa pratique, celle de ses pairs ».

CdS 1

CdS 2

CdS 3-1 CdS 3-2 CdS 3-3

CdS 3-4

 

CdS 4

CdS 6

CdS 7

CdS 8

CdS 9

 

A cette étape du travail, les éléments observables suivants pourraient être retenus pour l'évaluation :


Maîtrise insuffisante

Maîtrise fragile

Maîtrise satisfaisante

Très bonne maîtrise

L’élève ne parvient pas à expliciter le travail réalisé en binôme ou par ses pairs. Il décrit quelques éléments visibles sans fournir d’interprétation personnelle, ni d’éléments d’analyse, au sujet du travail fourni de sa démarche ou de celle des autres.

L’élève décrit en partie le travail créé en binôme, mais il ne parvient pas à le comparer avec le projet initial. Il n’est pas en mesure de justifier le cheminement qui conduit de l’intention à la réalisation. Il ne parvient pas à interpréter les productions de ses pairs et ne peut prendre appui sur des réalisations pour formuler une expression de ses émotions.

L’élève sait décrire et interroger des productions plastiques. Il justifie ses choix qui l’ont conduit du projet initial à la réalisation finale. Il sait expliciter les différentes étapes du travail. Il est en mesure d’émettre des hypothèses sur le sens du travail d’autrui et exprime les émotions produites par les diverses productions.

 

L’élève sait décrire et interroger avec un vocabulaire spécifique les productions plastiques présentées : la sienne, celle de ses pairs. Il argumente sur les choix réalisés entre le projet initial et la réalisation finale. Il sait formuler une interprétation et faire part de ses émotions en prenant appui sur les réalisations d’autrui.

Lors de cette séance, les élèves ont appris à justifier leurs choix pour rendre compte de l’évolution de leur projet. Ils ont été amenés à formuler des interprétations, des hypothèses en prenant appui sur les productions montrées.

 

Séance 8 : établir une relation avec les références artistiques montrées, s'ouvrir à l'altérité

Phase 1 : montrer les œuvres 

Les élèves repèrent, dans les œuvres montrées, le parti pris des artistes : techniques, poïétiques, de composition, de sens. Ils analysent les aspects formels, techniques, liés à l’usage, aux significations du cœur représenté : schématique, anatomique ou autre, la forme renvoie à la fonction, ou s’en éloigne, soutenue par des intentions artistiques.

Liste des œuvres présentées et éléments pour l’analyse :

- Annette Messager, Coeur au repos, 2009, filet sur structure en fil de fer

coeur au repos

- Annette Messager, Le coeur, 1998, plastique, tissu; 210 x 230 cm

coeur tout court

Les deux œuvres d’Annette Messager utilisent la forme schématique et symbolique du cœur, et jouent avec les pleins, les vides : la première est un volume ayant une armature et joue avec la transparence ; la deuxième est une installation d’objets (fragments d’animaux en peluche) attachés au mur par de petites ficelles avec un nœud. L’ensemble en forme de coeur laisse le mur visible entre les objets. L’aspect ludique domine malgré les opérations de découpage infligées aux peluches.

- Claudio Parmiggiani, Sans Titre, 1998, moulage de coeur humain, acier incandescent, 11 x 12x 16 cm

coeur moulage

Le coeur de Claudio Parmiggiani prend la forme anatomique du coeur humain (il est mentionné comme un moulage dans l’ouvrage Cœur ardent/Cuore ardente, Jean-Luc Nancy, Claudio Parmiggiani, éditions Mazzotta), l’acier qui le compose est chauffé jusqu’à obtention du rouge incandescent sur les ventricules, avec une zone jaune au milieu.

- Christian Boltanski, Les archives du coeur, projet multimédia initié en 2005 et installé depuis 2010 dans l’île de Teshima au sud du Japon.

coeur archives

Quant à Christian Boltanski, ce sont les enregistrements du coeur de milliers de volontaires qui sont conservés dans ce "musée du coeur". C’est une forme sonore qui évoque le coeur, ainsi qu’une démarche conceptuelle utilisant l’archive comme processus artistique.

- Objets du Musée du coeur Boyadjian, Bruxelles

coeur muséecoeur musée 2coeur musée 3

Les objets du musée du coeur de Bruxelles ont été collectés par le cardiologue Noubar Boyadjan pour leur thématique. Dans cette collection, de nombreuses représentations du sacré-coeur de Jésus, utilisant la forme schématique et symbolique du cœur, la couleur rouge, le volume bombé. Ces objets de dévotion évoquent pour la religion chrétienne la relation d’amour pour l’humanité et une des 5 blessures lors de la mort du Christ, considérée par les chrétiens comme un sacrifice pour les sauver.

- Pierre et Gilles, La Madone au cœur blessé, 1991

coeur pierre et gilles

L’oeuvre de Pierre et Gilles utilise un de ces objets dans les mains du modèle, Lio, revisitée en vierge couronnée et en pleurs, mise en scène par un mélange de photographie et de peinture.

 

Phase 2 : confronter les œuvres et le travail artistique des élèves

Dans ce deuxième temps on demande aux élèves de faire des liens ou des oppositions entre les réponses de chaque binôme et les œuvres montrées.

Cette confrontation du travail des artistes avec la démarche de l'élève permet d’évaluer de façon formative, ou bien contribue à l’évaluation bilan de fin de cycle des compétences « établir une relation avec celle des artistes, s'ouvrir à l'altérité » et « se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art ».

Ce moment permet également d'aborder les compétences d’histoire des arts attendues au cycle 3 : « Décrire une œuvre en identifiant ses principales caractéristiques techniques et formelles, d’usage et de sens, à l'aide d'un lexique simple et adapté ».

En se basant sur ces références artistiques, les élèves mettent en perspective leur production, établissent des liens avec des œuvres choisies, et apprennent formuler leur point de vue sur leur travail et celui des artistes. L’enseignant accompagne cette argumentation en relançant par des questions visant la comparaison, la distinction, la justification.

Quelle forme a été choisie pour représenter le cœur, et de quelles matières et matériaux se compose-t-il ? Les matériaux pérennes sont opposés à ceux plus fragiles, éphémères ou induisant une transformation dans le temps, faisant appel à d’autres sens que la vue (exemples : un élève travaille avec des morceaux de sucre pour signifier l’appétit de la sorcière pour les enfants, un autre a rempli un gant de latex avec un liquide rappelant le sang qui irrigue le cœur, cette mixture odorante rappelant également les « potions » de la sorcière). De quel type de travail en volume s’agit-il et quel est son rapport à l’espace et au spectateur ? Est-ce un volume en « ronde-bosse », en relief accroché à un support, une réalisation en plusieurs parties reliées les unes aux autres ? Le spectateur participe-t-il d’une certaine manière (soulever une partie, tourner, décrocher, faire couler…) ?

On peut également différencier les réalisations rigides, fixes, de celles dont l’assemblage inclut des parties amovibles, en relation avec la narration (exemple : une élève a inséré une fourchette en plastique dans sa réalisation, qui transperce le cœur fait de tissu, et s’en détache, pour servir de couvert à la sorcière). Les matériaux sont également distingués pour leurs qualités plastiques permettant un ressenti tactile: qu’est-ce qui semble agréable, et en quoi d’autres matériaux peuvent paraître agressifs ? Quels matériaux ou objet utilisés peuvent changer de connotation et trouver ici un sens nouveau (exemple : une élève travaille avec des morceaux d’os de poulet) ? De même pour les couleurs, les productions peuvent être rassemblées par volonté de ressemblance, intention de vraisemblance, ou au contraire, faire appel au symbolique, à l’imaginaire, mettre en avant la qualité, le statut, l’identité fictionnelle du personnage.

Cette rencontre avec l’œuvre participe de la composante culturelle de l’enseignement et participe à la construction de la compétence travaillée en arts plastiques « proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre ».

Dans cette situation de verbalisation face aux œuvres projetées, les élèves prennent la parole s'ils le souhaitent. L’évaluation formative porte sur l'analyse de l'œuvre qui se construit collectivement. L’évaluation individuelle, est possible, pour quelques élèves qui s’expriment. Tous les élèves ne sont donc pas "évalués individuellement" à ce moment. Chacun pourra prendre la parole lors d’autres séquences, ce qui permettra un suivi individuel de la compétence. Ce suivi de la maîtrise des compétences à l'oral peut se faire à l'aide d'outils numériques.

À titre d’exemple, les éléments observables suivants pourraient être retenus pour une évaluation :


Maîtrise insuffisante

Maîtrise fragile

Maîtrise satisfaisante

Très bonne maîtrise

L’élève ne parvient pas à analyser l’œuvre présentée. Il décrit quelques éléments visibles sans fournir d’interprétation personnelle.

Il ne parvient pas à faire d’autre lien que celui de la thématique ou de la technique avec sa production ou celle de ses pairs.

L’élève analyse en partie les œuvres montrées.

Mais il ne parvient pas à dégager les partis pris des artistes pour des effets de sens, ni à faire un lien dépassant la technique ou la thématique communes.

 

L’élève sait analyser les œuvres montrées de façon satisfaisante.

Il parvient à formuler des liens, des oppositions, entre ses productions, celles de ses pairs et les œuvres montrées.

L’élève sait analyser les œuvres montrées de façon très fine et approfondie.

Il parvient à analyser les relations entre ses productions, celles de ses pairs et les œuvres montrées.

Lors de cette séance, les élèves ont appris à identifier et décrire les caractéristiques d’une œuvre d’art. Ils ont été en mesure d’établir des correspondances plastiques, techniques, sémantiques entre leurs productions et celles des artistes.

 

Tout au long de la séquence, les élèves ont appris à tirer parti de leur expérimentation des matériaux pour faire évoluer leur projet, en observant les effets produits. Ils ont appris à anticiper les difficultés, et à se repérer dans les étapes de leur projet collectif.

Durant cette séquence, les élèves auront donc acquis des apprentissages et des compétences travaillées en arts plastiques, notamment par rapport à l’invention, la fabrication et mise en scène d’un objet à des fins narratives, l’expérimentation du volume, de la couleur, des textures, ainsi quel’élaboration et la conduite d’un projet artistique. Ils auront confronté leur pratique avec celles des artistes dont les œuvres leur ont été montrées. Des connaissances tant techniques que culturelles auront été construites.