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FIG 2017. "Territoires humains, mondes animaux". Pays invité "l'Afrique du Sud"

mis à jour le 03/10/17

Vignette FIG2017 Cette 28e session du FIG a permis aux festivaliers d'assister à de nombreuses conférences scientifiques, tables rondes, débats associés à la présentation d'outils géographiques au salon de la géomatique. Ce fut par ailleurs l'occasion d'assister à des présentations de séquences pédagogiques innovantes dans le cadre des ateliers numériques organisés par la DNE. Par Samuel Coulon

L'Afrique au programme de la conférence inaugurale

La séance d'ouverture du festival inscrite au Programme National de Formation a réuni les deux nouveaux directeurs scientifiques du FIG (Lionel Laslaz et Clarisse Didelon Loiseau) avec l’Inspection générale (François Louveaux, Catherine Biaggi,  Laurent Carroué), Florence Robine (rectrice de l'académie Nancy-Metz), David Valence (maire de Saint-Dié-des-Vosges) et deux géographes de renom : Alain Dubresson et Géraud Magrin.

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L’Afrique face aux défis du changement

Alain Dubresson a commencé son propos en rappellant son intervention de 2011. Il avait à cette époque mis en garde son auditoire, sur une lecture géographique trop « afro-optimiste » du continent, qui ne mettrait en lumière que l’émergence de l’Afrique, oubliant ainsi les freins et les nombreux problèmes que la croissance économique ne peut résoudre seule. Aujourd’hui, il convient plus que jamais de montrer une certaine prudence : le cycle des 5% de croissance annuelle s’essouffle et n'est toujours pas en mesure de répondre aux besoins liés à la croissance de la population.

La matinée s’est terminée par une table ronde autour de nombreux thèmes comme la transition démographique ou la transition urbaine.

L’Afrique « des contraires » (conférence d'ouverture)

FIG2017.dubresson01L’Afrique est marquée par des dynamiques contraires. Alain Dubresson propose d’examiner ces mouvements contradictoires à l’œuvre sur le continent depuis quinze ans en examinant « ce qui va dans le sens du changement et du développement » avant d’évoquer « les tendances inverses favorables au mal-développement ».

Dans la 1re partie de son intervention, A. Dubresson met en évidence quatre évolutions positives porteuses de changement.

  • Une croissance relativement forte. Elle est liée à plusieurs facteurs : une hausse des cours mondiaux des matières premières, des flux financiers en croissance (même si l’apport financier des migrants reste encore supérieur aux IDE), l’essor de firmes africaines capables de rivaliser avec les autres firmes du reste du monde, la diversification des partenaires commerciaux, et un réseau de communication en plein essor (premières LGV en Afrique en projet ou en construction).
  • Des progrès institutionnels. On assiste ces dernières années à une dynamique interne de contestation des pouvoirs établis et à une pression extérieure de plus en plus forte sur les régimes en place. Le multipartisme s’impose, une nouvelle élite remplace l’ancienne, des mouvements de déconcentration ou de décentralisation sont à l’œuvre, de nouveaux espaces ou formes d’expression politiques apparaissent (ex : « l’ethnofédéralisme » en Ethiopie) et le processus d’intégration régionale s’affirme (avec parfois un  « (re)basculement » sur le continent à l’instar du Maroc candidat à la CEDEAO depuis 2015).
  • Une vague de fond démographique, puissant vecteur de la demande. La croissance démographique est l’un des principaux moteurs des dynamiques actuelles (2015 : 1,2 milliard d’habitants, 2050 : 2,5 milliards, 2100 : entre 3 et 4,5 milliards ?).
  • Une grande mutation urbaine. D’ici 2050, la population urbaine sera majoritaire en Afrique. L’urbanisation africaine est double. Elle se caractérise par un processus de métropolisation analogue aux autres régions du monde en développement, et une diffusion par le bas, c'est-à-dire par l’émergence ou le développement de villes petites et moyennes. La ville est un « puissant outil de transformation » culturelle, sociale et économique. L’urbanisation est un profond marqueur de changement et de modernisation et le lieu de l’émergence d’une classe moyenne.

Dans la 2e partie de son intervention Alain Dubresson met en exergue les « résiliences » du continent africain, c'est-à dire des dynamiques contraires facteurs du mal-développement.

  • La résilience des économies primaires (pays rentiers des hydrocarbures, pays agro-exportateurs etc.). Le continent est par ailleurs marqué par l’apparition rapide de nouvelles rentes (land grabbing, narcotrafic et piraterie…).
  • La résilience de la pauvreté de masse. Si la pauvreté baisse en pourcentage, le nombre de pauvres augmente. La situation alimentaire reste précaire même si l’espérance de vie s’allonge. La croissance reste encore insuffisante (il faudrait au moins 7%) et le continent est encore sous équipé : "la consommation électrique annuelle d’un africain est égale à la consommation annuelle d’une ampoule !"
  • La résilience des États autoritaires. Le continent est toujours profondément marqué par l’existence de zones grises (le Sahara demeure aujourd’hui l’une des zones d’insécurité majeure du monde), d’États faillis, de régimes autoritaires marqués par la kleptocratie ou par les coups d’État constitutionnels. Les conflits sur base ethnique et/ou religieuse sont nombreux et sont liés au contrôle de la production et de la circulation des ressources.
  • Des inégalités spatiales à toutes les échelles. Les inégalités s’accroissent à l’échelle du continent (Lions africains, PMA), comme à l’échelle des villes.

En conclusion, Alain Dubresson revient sur les ambiguïtés du développement africain et souligne les nouveaus défis majeurs auxquels l’Afrique sera confrontée : les changements climatiques et les problèmes environnementaux.

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Enseigner avec le numérique. Des ateliers pédagogiques organisés par la DNE et la DGESCO

Comme tous les ans, plusieurs enseignants, de différentes académies, ont proposé des ateliers sur le thème du Festival, autour de situations d’apprentissage déclinées dans les programmes de collège, lycée général et technologique ou lycée professionnel.

Ces séquences ou études de cas sur le thème du FIG ou sur l'Afrique du Sud  sont construites à partir de ressources et outils numériques variés dans une grande diversité d’approches mises en oeuvre à l'aide d'outils diversifiés : cartes mentales, murs collaboratifs, globes virtuels, TNI, classes mobiles, SIG, etc.

Il s'agit par ailleurs d'encourager l'éducation aux médias et à l'information en favorisant la création numérique de la part des élèves et la publication de leurs travaux.

La brochure 2017 des ateliers pédagogiques numériques du Festival international de géographie de Saint-Dié-des-Vosges permet aux enseignants présents, enseignants-formateurs ou inspecteurs pédagogiques, de transmettre à leur tour, dans leurs académies et leurs établissements respectifs, l’expérience partagée durant cet évènement. Elle est disponible en téléchargement sur le site Éduscol. Les captations de certains de ces ateliers seront disponibles prochainement sur le portail national histoire-géographie.

 

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Télécharger la brochure "Enseigner avec le numérique" FIG 2017

Des podcasts réalisés à l'occasion du festival sont accessibles sur Éduscol.

L'académie de Paris était représentée par Nathalie Rodallec (lycée Lavoisier), qui a proposé une étude de cas sur l'écotourisme en Afrique du Sud à travers l'exemple du Hluhluwe-Imfolozi Park.

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Photo 1. Les ateliers numériques de la DNE au musée Pierre-Noël
Photo 2. Nathalie Rodallec (académie de Paris)

 

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Photo 3. Angélique Marie (académie de Dijon)
Photo 4Jean-Benoît Bouron (Géoconfluences), Franck Besqueut, Véronique Julien, Pascal Mériaux (académie de Lyon)

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Photo 5. Florence Smits (Inspection générale), Nathalie Rodallec (académie de Paris), Jean-Pierre Lauby  (IA-IPR honoraire), Olivier Pingal (DNE)
Photo 6Marie-Édith André (académie de Caen)

 Un nouvel outil statistique sur Édugéo

Édugéo développé par l'IGN et accessible gratuitement via le portail Éduthèque se dote d'un nouveau module cartographique permettant de réaliser des cartes thématiques et statistiques. Il est désormais possible d'importer ses propres données pour les cartographier ou d'utiliser les nombreuses références proposées dans l'interface, notamment celles de l'INSEE. Jackie Pouzin, chargé de mission Édugéo, a pu faire de nombreuses présentations personnalisées pendant toute la durée du festival.

 Importation et visualisation de données statistiques sur l'Afrique du Sud dans l'interface Édugéo.

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Jackie Pouzin (Édugéo) et Alain Thillay (DNE A1) au salon de la géomatique

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