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une organisation apprenante

Les enfants précoces, à haut potentiel intellectuel

logo résumé Prise de notes d'Annick TSIN, psychologue scolaire, lors de deux conférences à ce sujet.

Intervention de Mme BOURSIER-CUBERT, psychologue clinicienne et Mme BERTRAND, orthophoniste au CMP du IXème

Ces élèves dits "surdoués" posent "problème" dans les classes. Mieux les connaître permet de les appréhender et leur éviter de souffrir en classe.

Ce qui les caractérise :

  • dyssynchronie dans leur développement
  • en avance sur certains apprentissages
  • possibilité d'être impulsifs, de partir en digression, perte des consignes
  • phobies, immaturité, anxiété
  • structuration particulière entre 3 et 7 ans
  • négociations avec les parents et les enseignants
  • difficiles à cerner, souvent pris en grippe
  • réflexion fugitive
  • argumentation
  • difficultés pour expliquer, démontrer comment ils apprennent
  • dans la précipitation, l'éparpillement, l'immaturité affective
  • dyssynchronie sociale
  • l'aspect psychomoteur se développe différemment des aspects cognitifs : graphisme d'un enfant de 4 ans et une réflexion supérieure à l'âge réel
  • intellect très développé
  • décrits comme agités, perturbateurs
  • l'immaturité est souvent liée au débordement émotionnel
  • rationalisation
  • réflexion sans fin pour échapper à la peur du débordement émotionnel et à l'ennui
  • l'aspect verbal surdéveloppé qui amène le rejet de ses pairs

Le QI des enfants précoces est souvent supérieur à 130 avec deux types de précocité :

  • les enfants précoces et performants au profil harmonieux qui auront autour de 19 aux échelles du bilan psychologique
  • les enfants précoces (8 sur 10) aux résultats hétérogènes avec une échelle verbale haute et les autres échelles dans la norme.

 Conférence de Mme SIAUD-FACCHIN "Mais qu'est-ce qui l'empêche de réussir" ?

Mais qu'est ce qui l'empêche de réussir
Conférence organisée, en février 2016, par l'ANPEIP, Association Nationale Pour les Enfants Intellectuellement Précoces, agréée par l'éducation nationale.

Jeanne SIAUD-FACCHIN est psychologue clinicienne, fondatrice et directrice de Cogito'z, thérapeute en médiation de pleine conscience (voir   article 20 Atelier du bonheur dans une classe de 6ème), présidente de l'association Zebra  , membre honoraire du laboratoire de recherche sur le fonctionnement cognitif à l'hôpital de la Salpétrière.

 

 

 La réussite

Que veut dire "y arriver" pour un enfant ? Comment créer de la motivation pour que les enfants travaillent davantage ? et pour arriver à quoi ? avec des messages paradoxaux, négatifs délivrés par le monde adulte (chômage, insécurité, ...)

Il faudrait plutôt développer la notion d'enfant intérieur à qui on parlerait de ses rêves à réaliser. Leurs rêves et projets sont cassés par les adultes avec des injonctions négatives : "Avec tes résultats scolaires, tu n'y arriveras pas !"

Les consultations psychologiques sont liées le plus souvent à l'école, du fait de la pression qui pèse sur les épaules des enseignants et des parents. Les enfants précoces ont besoin d'un regard bienveillant. Les difficultés scolaires attaquent l'image de soi. Il faut garder à l'esprit la souffrance de l'enfant. "Personne ne sait combien de temps dure une seconde de souffrance" Henry GRAHAM GREENE. Lecture d'Harry POTTER pour comprendre le cheminement initiatique d'un enfant.

L'attention et la concentration

Intérêt de la méditation de pleine conscience. Dans la tempête, absence de clarté d'esprit. La méditation est une invitation à la visibilité et la lecture de soi, pour retrouver la liberté de penser. C'est un entraînement du mental pour se relier au moment présent. On passe plus de temps à être dans sa tête qu'à vivre pleinement la vie présente. Des chercheurs ont révélé une diminution de l'attention depuis 15 ans, de 12 à 8 secondes. Dans notre cerveau, une sorte de "reset" de façon automatique réduit notre attention à cause des distracteurs et la multiplication des sollicitations de notre époque.

Notre pensée a besoin de continuité, elle est constamment interrompue. Être attentif, c'est inhiber les informations non pertinentes, opérer un blocage des distracteurs.

Les "surdoués" souffrent d'un déficit d'inhibition latente. Ils n'ont pas une hiérarchie des informations.
"Il faut penser à réfléchir" dit Grégoire, 10 ans.
Ils sont souvent fatigués. Ils en ont plein la tête en permanence et traitent rapidement l'information (mis en avant par les neurosciences). Tous les neurones sont activés à une vitesse de circulation supérieure aux autres. Leur cerveau fonctionne différemment. "Je vois le début, la fin du problème, mais pas le milieu".

Comment aider l'enfant "surdoué" face aux sollicitations scolaires ?
Importance du cadre, du mode d'emploi de la structure. Il a besoin d'un guide précis qui indique les différentes étapes du parcours pour réussir à l'école. Ces enfants pensent en "arborescence". Une pensée s'associant à une autre dans tous les coins du cerveau, ce qui crée des difficultés pour repérer ce qui est pertinent, pour retenir, dire,...
Certains demandent comment arrêter de penser. D'où l'intérêt de la méditation de pleine conscience pour canaliser la pensée. Pour être attentif, l'élève surdoué doit faire plusieurs choses à la fois. Ce qui va provoquer des reproches à la maison et à l'école. Leurs ressources attentionnelles sont actives dans la dispersion sur plusieurs sources.

La motivation

La punition permet de manifester son mécontentement mais jamais de modifier un comportement. Le renforcement positif encourage les réussites de l'enfant.

Un enfant en difficulté suscite de l'inquiétude.
Notre cerveau est programmé pour voir ce qui ne va pas, les dangers, comme du temps de la préhistoire, ce qui élude les petites choses que notre champ de conscience ne voit pas, comme les aspects positifs. La méditation peut aider à transformer cette façon de penser. Surprendre l'enfant par du renforcement positif en tant que parent ou enseignant va modifier la chimie du cerveau, par la sécrétion d'endorphines (hormone du plaisir). Le cortisol, l'hormone du stress, est plus puissante que l'endorphine.

Ne jamais dire "mais" dans une phrase contenant un compliment, ce qui annule le contenu positif.
Différer dans le temps le moment d'une demande ou réflexion moins agréable.

La motivation va générer l'effort. Pour avoir envie de réussir, il est important d'être valorisé, d'avoir une reconnaissance sociale. La jubilation cognitive est le moteur de la motivation. Le cerveau apprend plus du succès que de l'échec, il sécrète de la dopamine quand il est motivé.

C'est douloureux de ne pas réussir. Ne pas confondre ce que l'enfant ne veut pas faire avec ce que l'enfant ne peut pas faire. L'ennui va être invalidant pour la vie scolaire et la vie en général.

La confiance en soi

Avoir foi en ses compétences, ses ressources. Savoir qu'on peut puiser dans ses ressources toute sa vie. Confiance en soi et apprentissage sont l'alchimie gagnante. Pour la réussite scolaire, il est plus important d'avoir confiance en soi que d'avoir un QI élevé. Pour apprendre, il faut accepter de ne pas savoir. Apprendre, c'est courageux.

Les enfants "surdoués" sont souvent sensibles. Ils ont une capacité aiguisée des 5 sens (hyperesthésie). Ils ne supportent pas le bruit, certaines odeurs, les étiquettes, ... Ce sont des éponges émotionnelles. Ils développent une forte empathie, capacité à ressentir les émotions des autres.

Le sentiment de décalage avec les autres les fait souffrir. Ils ont des difficultés à s'adapter, se sentent incompris. Leur image de soi est fragile. Ils ont des croyances négatives sur leurs capacités et compétences. Parfois, l'échec scolaire leur paraît plus "rentable" pour l'estime de soi. D'où des stratégies d'évitement pour la protéger. Ils ont une carapace. Ils font semblant, doutent beaucoup d'eux-même. D'où l'importance du regard bienveillant des adultes.

L'illusion de la pensée commune est très répandue, elle est pleine d'implicites et d'illusions, ce qui fausse la relation aux autres dans la vie privée et professionnelle. L'enfant "surdoué" ne partage pas les mêmes implicites. Il peut répondre à côté, il s'attache au sens littéral des mots. De nombreux surdoués sont porteurs aussi de troubles de l'attention.

L'apprentissage n'est pas linéaire.

Prises de notes
Annick TSIN, psychologue scolaire