La poésie engagée

04 avr. 18
enregistrement

La poésie engagée

L’objectif de l’EPI « chanter, mettre en musique et en images des textes poétiques engagés » est avant tout de mettre, dans un temps resserré, les élèves dans une position active de création.

L’objectif de l’EPI « chanter, mettre en musique et en images des textes poétiques engagés » est avant tout de mettre, dans un temps resserré, les élèves dans une position active de création.

EPI-3-poesie-engagée-1Il s’agit de les faire mobiliser des ressources plurielles tout en sollicitant leur singularité respective dans le but d’une réalisation commune valorisante et motivante : la composition et l'enregistrement d'une chanson et d'un clip vidéo. Ces derniers, réunis en groupes de 4 ou 5 élèves, ont créé une musique, inventé une mélodie, chanté un texte poétique et réalisé un clip.

Ils sont tous repartis à l’issue de la semaine complète consacrée à ce travail, avec un enregistrement de leur clip final sur un support numérique. Dans le cadre de cette coopération, les élèves ont éprouvé de manière pragmatique les notions abordées  de façon souvent plus théorique dans les cours de français, de musique ou d’arts plastiques. ( musicalité d’un texte, métrique, métaphore, harmonies etc.)

EPI-3-poesie-engagée-2Les textes poétiques ont été choisis en amont dans les œuvres littéraires du patrimoine national afin que l’EPI soit également l’occasion de se constituer une culture littéraire. Les textes retenus sont écrits en vers parce qu’il nous semblait plus intéressant que ce travail en interdisciplinarité soit l’occasion de faire apparaître les ressemblances entre un poème et une chanson, cette dernière leur apparaissant souvent plus accessible et familière.

Parce que la poésie est souvent envisagée par les élèves comme coupée du monde, nous avons choisi des textes poétiques dits « engagés » afin que  les élèves prennent conscience que la poésie pouvait être aussi le lieu du réel, des dénonciations, et de l’engagement.

EPI-3-poesie-engagée-3Le corpus a donc regroupé des textes variés allant des poèmes de Victor Hugo comme « La bêtise de la guerre »,  « Souvenir de la nuit du 4 », « Melancholia », « Depuis six mille ans la guerre », jusqu’au « Déserteur » de Vian en passant par « Le dormeur du val » de Rimbaud, « Strophes pour se souvenir » d’Aragon, « Liberté » d’Eluard, « Barbara » de Prévert ou « Je trahirai demain » de Marianne Cohn.

Ces textes ont été distribués quelques semaines avant le début de l’EPI et présentés succinctement par le professeur de français aux classes, les groupes ont été constitués ensuite par les élèves eux-mêmes qui ont choisi parmi les textes proposés celui qui leur plaisait le plus.

La première étape de l’EPI a été la justification de ce choix par chacun des groupes.

Pour créer la musique et les images, les enfants ont dû réfléchir aux résonances propres à chacun des textes, ont dû se poser la question des apports spécifiques de l’image et du son et à leur adéquation avec le sens du texte. La mise en chant des textes leur a fait prendre conscience du rythme interne d’un texte, des jeux des sonorités, de la régularité aussi qui crée de la musique et des richesses inattendues des voix quand la timidité est dépassée.

Ce travail a été effectué en commun avec le professeur d’Arts Plastiques, le professeur de musique et le professeur de français, qui ont le plus souvent co-animé des séances, faisant prendre conscience aux élèves à quel point les disciplines s’enrichissent et s’éclairent les unes et les autres.